Ighzer…ou l’aventure humaine à l’état brut !

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Ighzer… la mission 

Commençons par le début, par le Nomad’Tea, principale source de financement du projet « Ighzer II », et qui fut un grand succès grâce aux participants, aux sponsors, aux artistes qui se sont produit sur scène gratuitement ! Et à l’équipe organisatrice qui s’est montrée infatigable. Suite à cela, plusieurs réunions ont été tenues pour organiser le voyage à Ighzer et finaliser les emplois du temps des ateliers prévus pour les enfants durant les vacances de printemps dans le cadre de « La semaine découverte ».

Nous étions au nombre de 12, chacun avait une tâche précise. Moi, par exemple, je devais donner des notions d’écologie aux enfants d’Ighzer. D’autres de mes amis allaient leur faire découvrir le développement durable, la photo, le théâtre…

Donc chacun partait avec ses connaissances en tête ou sa science sur papier qu’on révisait volontiers et assez souvent avant de rencontrer nos futurs élèves.

Après un trajet long, qui a duré plus de 14h, principalement la nuit, nous avions débarqué dans ce village situé à une quarantaine de kilomètres de Timimoun, à Adrar…

Nous allions donner tout ce que nous savions, on espérait un échange ! Mais Le retour fût puissant, même trop…de quoi vous transformer, et remettre en question votre vie « au nord » !

Ighzer…l’aventure humaine 

La redécouverte du contact humain fût la plus précieuse chose que ces enfants nous ont donné.

Oh la belle leçon !

Au départ les enfants étaient peu coopératifs, on avait mis ça sur le compte de la timidité des gens du désert. Et puis, ils ont commencé à nous connaître, et ils ont réussi à nous rendre notre sympathie.

13052490_10209116672583592_1501864505_oIls se sont montrés curieux et désireux d’apprendre tout au long de la semaine. Si les plus petits venaient pour recevoir des jouets, les plus grands comprenaient que le véritable cadeau fut ce contact, cet échange qui dépassait la parole parfois…des regards et des sourires de complicité qui suffisaient pour vous faire pleurer !

Ils venaient de plus en plus tôt aux ateliers, on les trouvait assis sur les marches de la salle des activités !

Certains même étaient trop anticipateurs et posaient des questions sur notre prochain retour…

Leur attente doit être longue à l’heure qu’il est. Il est vrai qu’il n’y a pas beaucoup d’occupation dans le désert pour les enfants…mais n’est-ce pas mieux ? Là bas, j’étais forcée de reconnaître que la modernité n’est pas qu’un fléau pour la planète, mais aussi pour l’âme humaine ! Je n’oublierais jamais ces tableaux vivants qui se déroulaient devant mes yeux, que n’importe quel appareil-photo ne pourra reproduire, ni aucun texte !

Tout est encore à l’état brut ! J’ai eu la chance de le vivre, j’ai eu la chance de faire partie de ce projet !

Ighzer le décor …

Le sable, le soleil, les dromadaires, les plantes épineuses, à notre arrivée tout est en place … Aucun doute, mes pieds ont enfin foulé le sud algérien ! Depuis le temps que je rêve de faire ce voyage.

Le Qasr d’Ighzer était là pour nous accueillir. Fier et fait entièrement d’argile, il dominait visiblement la vallée, à la fin de nos ateliers on grimpait là haut pour voir le soleil partir et jeter ses derniers rayons sur les maisons paisibles du village ! Que du sable et de la tranquillité à perte de vue.

13072186_10208809850744443_1231921452_oOn voyait les vieux qui discutaient aux pieds de leurs portes, d’autres qui faisaient la sieste sur du sable.

Pas un seul instant je n’ai ressenti de pitié envers cette communauté. L’envier ? Oui ! Je me disait que la technologie nous a englouti et que la modernité a digéré ce qu’on pouvait posséder comme humanité. Mais là, le calme demeure le roi !

Au fait, connaissez vous l’origine du mot Ighzer ou plutôt Yghzer ? Cela vient de l’arabe ! Le verbe « يغزر » ou l’adjectif « غزير », ce qui veut dire « abondant ». Vous aurez deviné que ça parle de l’eau ! Ce sont les enfants qui me l’ont appris ! Ils m’ont raconté qu’à l’origine il y avait un grand fleuve qui traversait la région. Il portait le nom d’Ighzer mais il a disparu. Il parait qu’il y avait la mer et que les gens se déplaçaient en bateau … Je les regardais me parler tous à la fois tout en me disant « Mon dieu ! C’est féérique » .

On veut de « l’écotourisme » et local s’il vous plaît !

Partir en bus avec tout le monde, pour 14h de voyage, vous avez le temps de faire ce que vous voulez : manger, dormir ou lire. Mais vous savez ce qu’on peut faire de mieux ? Discuter avec son voisin ! Le connaître et connaître les raisons qui l’ont poussé à faire un voyage comme celui-ci, et lui exposer les vôtres !

Et à la fin, atterrir à 1200 km de chez vous. Loin du « confort ». Pour faire du bénévolat dans un paysage désertique ! De quoi retomber amoureux de son pays et admirer notre culture « Kaléidoscopique », en achetant de magnifiques cadeaux souvenirs, souvent fait à la main, histoire d’encourager le commerce local.

Rentrer ? On l’accepte difficilement ! Nous avions tous laissé une part de nous même là bas ! J’ai entendu presque chacun de mes camarades me dire « je veux revenir là-bas » !

Pour ma part, je me disais que j’avais encore tant à voir, tant à apprendre, tant à voyager…en Algérie !

Oui ! Avant de me lancer autour du monde, je devrais aller découvrir les richesses des 2 millions de Km² qui sont à nous !

Mon pays ô mon pays …comme tu es beau !

Hela Atatfa

Hala Chaima ATATFA