Cet héritage hispanique, comment lui redonner vie ?

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C’est dans un contexte mêlant l’identité hispanique à l’identité algérienne que s’est tenue une conférence sur les arènes d’Oran le samedi 20 mai 2017. Conférenciers, organisateurs et participants se sont donnés rendez-vous à l’institut espagnol Cervantes à partir de 14h30.

À travers ses travaux universitaires, Mme Leila Nil, étudiante en Master 2 d’architecture à l’USTO et dont le sujet de projet de fin d’étude est « La requalification des arènes d’Oran », a choisi de nous faire partager l’histoire de ce monument, héritage des Espagnols, ainsi que sa vision quant à son devenir. Accompagnée de ses deux enseignants, Dr. Malika KACEMI MAGHFOUR, architecte et maître de conférences et M. Lotfi BENNAMAR, maître assistant au département d’architecture d’Oran et chercheur associé au CRASC, Leila nous conta l’histoire de ce lieu phare de notre ville. Bâtis par les Espagnols venus occuper l’Oranie durant la période coloniale française, les arènes d’Oran dotées d’une architecture unique en Afrique, abritaient des spectacles de tauromachie et accueillaient un grand public venu de toute l’Algérie pendant les périodes estivales.

Cette construction datant de plus d’un siècle fut abandonnée à l’indépendance notamment à cause du tabou que représentaient ces spectacles qui se terminaient par la mort de l’animal. Le quartier de Toro, perdant au fil des années un peu de son identité, s’est reconverti en maisons individuelles autour des arènes qui, malgré leur imposante posture, devenaient invisibles aux yeux de tous. Aujourd’hui, elles ont complètement perdu de leur autorité et ne sont qu’une bâtisse où s’entassent les espaces de stationnement et les déchets.

Pour remédier à ce dommage, Leila Nil s’est inspirée de l’étranger pour nous proposer de redonner vie à ce monument en l’exploitant à des fins artistiques telles que le cinéma, le théâtre, la musique ou la danse.

M. Lotfi BENAMMAR a lui insisté sur la nécessité de préserver ces lieux témoins de notre histoire et de fort belle manière consistant à les moderniser, sans pour autant laisser de côté leur passé historique, chose qui permettrait de donner plus de longévité à la mémoire du monument.

Les discours des conférenciers terminés, le débat s’ouvrait au public. Des avis partagés de professeurs et étudiants, mais aussi de gens passionnés par leur patrimoine qui veulent le défendre contre la maladie de l’oubli qui a frappé la mémoire algérienne, sont émis. Et parmi cette assemblée, une invitée spéciale s’est prononcée ; une dame de 85 ans vêtue de Kssa (El hayek), vêtement féminin traditionnel algérien, a tenu à bénir ces jeunes qui aimaient leur pays et continuaient à croire en Toro, ce quartier où elle a passé toute sa vie et qu’elle a vu sous ses plus beaux jours mais aussi sous les plus mauvais, malheureusement.

Enfin, cette enrichissante expérience s’est clôturée par une collation durant laquelle les participants continuaient à discuter et à débattre de leurs avis sur la question, un verre de thé à la main, un gâteau dans l’autre, dans la perspective d’un prochain rendez-vous pour un café artistique durant les nuits ramadanesques.

Djihene Fenzar

Genric